Consultation de primo prescription de thérapie orale en cancérologie: une évolution majeure au service des patients, traités à la Clinique Saint-Pierre

Avec près de 1300 patients traités par an en chimiothérapie intraveineuse, la Clinique Saint-Pierre, établissement Elsan,  est un pôle essentiel de la prise en charge en cancérologie au niveau du département. Selon le Plan Cancer 2014-2019, la proportion des traitements anticancéreux oraux pourrait atteindre 50 % des traitements en 2020. Aujourd’hui, le Plan Cancer insiste en effet à la fois sur l’importance de la prise en charge des patients sous chimiothérapie orale et sur la sécurisation de l’utilisation des thérapies orales. Cette évolution majeure dans le traitement du cancer est une priorité pour la Clinique Saint-Pierre.

Afin de répondre à un besoin d’accompagnement externe à la Clinique et pour être au plus près des patients, la Clinique Saint-Pierre, en partenariat avec le Centre Catalan d’Oncologie, a souhaité s’inscrire dans cette démarche en initiant un parcours de soins spécifique et en développant une prise en charge pluridisciplinaire des patients atteints de cancer éligibles à un traitement par chimiothérapie orale.

Une volonté commune des oncologues et des professionnels de la Clinique a permis un accompagnement inédit dans le département à travers ce parcours de soins pluridisciplinaire ;

 

La chimiothérapie orale

 

La prise en charge des patients atteints de cancer a fortement évolué ces dernières années grâce au développement des chimiothérapies orales. Celles-ci regroupent les chimiothérapies cytotoxiques orales et les thérapies ciblées dont de nombreuses molécules sont en développement clinique.

Les chimiothérapies orales permettent, grâce à une prise en charge à domicile, une amélioration de la qualité de vie des patients. Le patient doit alors être autonome et devenir acteur de son traitement. Cependant, ces nouveaux médicaments posent également quelques difficultés.

Les modalités d’administration sont parfois complexes et peuvent engendrer des problèmes d’observance. Ces défauts d’adhésion au traitement restent un problème majeur de santé publique : ils peuvent possiblement conduire à un arrêt prématuré du traitement avec une perte de chance pour le patient, ou par un mésusage, entraîner une augmentation de la toxicité attendue. Il existe également un risque d’interactions médicamenteuses avec le traitement personnel du patient mais aussi avec les médicaments délivrés sans ordonnance, les compléments alimentaires et les plantes. Enfin, ces molécules exposent fréquemment les patients à des effets indésirables qu’ils doivent apprendre à gérer au domicile.

La coordination des acteurs pour assurer la continuité des soins et sécuriser la prise en charge médicamenteuse.

De nombreuses compétences doivent s’articuler et se coordonner afin d’assurer ce suivi : oncologue prescripteur, professionnels de la clinique (pharmacien, IDE de consultation de chimio orale), professionnels de ville (médecin traitant, pharmacien d’officine, IDE libéral…) sans oublier le réseau de coordination en cancérologie des Pyrénées Orientales (dit « réseau onco PO »).

 

« Dès lors, la coordination des acteurs est la clef de la gestion réussie du suivi des patients sous traitement anticancéreux oral. Les intervenants impliqués dans le suivi du patient sous traitement anticancéreux oral et les outils à leur disposition constituent autant de leviers permettant d’optimiser l’organisation du suivi et d’assurer la continuité des soins», explique Anne-Laure Garrigue, pharmacien à la Clinique Saint-Pierre et responsable de la mise en place de ce  parcours de soins en oncologie, qui devrait prendre en charge une centaine de patients en 2018.

L’essor des traitements anticancéreux par voie orale est porteur d’une évolution majeure dans la prise en charge des patients atteints de cancer, leur permettant de bénéficier d’une meilleure qualité de vie durant leur traitement en étant soignés à domicile et en conservant leurs habitudes de vie familiale et sociale, et le cas échéant une activité professionnelle.

Cette évolution rend le parcours de soins des patients plus complexe  à cause notamment d’un suivi partagé entre l’établissement de santé et la médecine de ville. « Renforcer l’information et l’éducation thérapeutique du patient ainsi que l’organisation du suivi et la coordination des professionnels de santé afin de sécuriser les prises en charge se concrétise aujourd’hui avec ce nouveau parcours de soins développé par les équipes », conclut Pascal Delubac, Directeur de la Clinique.

 

Objectifs de ce parcours de soins spécifique

 

  1. Définir un parcours de soins en ambulatoire coordonné entre les tous les acteurs
  2. Analyser et adapter le traitement du patient en adéquation avec ses pathologies et les effets indésirables prévisibles, éviter le risque iatrogénique (troubles associés à un traitement ou à un médicament)
  3. Mettre en place des actions éducatives pour le patient et les aidants sur la prise en charge de son traitement à domicile,
  4. Optimiser la communication avec les professionnels libéraux (pharmaciens, médecins traitants, infirmiers…)

 

Le parcours de soins, en pratique

 

  1. Après la décision en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) de mettre en place une thérapie orale, deux consultations sont programmées par l’oncologue dans les 2 à 3 jours suivant sa consultation d’annonce.
  • La consultation avec l’infirmière : l’infirmière reformule avec le patient le bon usage du médicament, les effets indésirables et leur prise en charge. Elle fait un bilan des besoins du patient à domicile et l’oriente selon les besoins vers des soins de support adaptés.
  • La consultation avec le pharmacien : celui-ci fait une conciliation médicamenteuse (bilan avec le patient de tous les traitements en cours) et vérifie l’absence d’interactions.
  1. Coordination Clinique-Ville : L’oncologue envoie au médecin traitant un compte-rendu de sa consultation. Le pharmacien et l’infirmière contactent directement leurs homologues de ville.
  2. Suivi téléphonique : L’infirmière du parcours de soins appelle le patient 7 à 14 jours après la consultation pour faire un point sur le début de son traitement (toxicité, observance etc…) et fait un compte-rendu au réseau Onco PO qui prend le relais pour le suivi des effets indésirables.
  3. Permanence du Réseau Onco PO : le patient appelle si nécessaire au réseau Une prise en charge proactive est organisée pour les patients à risque.
  4. Suivi de l’oncologue : il revoit le patient régulièrement pour vérifier l’efficacité du traitement et sa tolérance.